Débat sur l’avenir du secteur de l’aéronautique en hémicycle

Lundi 31 janvier dernier, j’ai eu l’honneur de porter la parole du groupe du Mouvement Démocrate (MoDem) à l’occasion d’un débat en hémicycle sur l’avenir du secteur aéronautique en France, organisé dans le cadre d’une semaine de contrôle de l’action gouvernementale.

 

S’inscrivant dans la suite logique du rapport sur le même sujet que j’ai produit avec Sylvia PINEL, ce débat nous a permis de présenter nos réflexions et de défendre nos propositions communes dans l’hémicycle en présence du Ministre chargé des Transports, Monsieur Jean-Baptiste DJEBBARI.

 

Pour introduire mon discours, j’ai souhaité rappeler que malgré les attaques à répétition contre l’aviation concernant sa responsabilité dans le réchauffement climatique, il serait faux de prétendre que cette préoccupation écologique n’est pas partagée par le secteur aéronautique. Au contraire, la prise de conscience est réelle, partagée par tous les acteurs de la filière que nous avons rencontrés et qui travaillent depuis déjà longtemps sur la décarbonation de leur activité.

 

Puis j’ai interpellé le Ministre sur trois recommandations essentielles de notre rapport, déterminantes pour la décarbonation du secteur aéronautique.

Tout d’abord, l’utilisation de carburants durables (SAF) pourrait permettre, dès aujourd’hui, de réduire de 80% les émissions de gaz à effet de serre des avions. Afin d’optimiser leur production et leur utilisation, il est majeur d’établir une cartographie européenne définissant les volumes de gisement de biomasse disponibles, leurs possibilités de renouvellement ainsi que les capacités de production de carburant de synthèse. Il serait donc pertinent de profiter de la Présidence française de l’Union européenne pour lancer ce recensement, d’autant plus que certains pays, comme les Etats-Unis, l’ont déjà effectué depuis plusieurs mois.

Par ailleurs, l’utilisation d’avions plus vertueux permettrait, dès aujourd’hui, des économies de carburant et donc des gains d’émissions de CO2 de l’ordre de 15% à 25%. Toutefois, les compagnies aériennes ne sont pas suffisamment accompagnées dans leurs efforts d’investissement pour accélérer le renouvellement de leurs flottes et elles doivent en supporter seules le coût financier. Il est nécessaire de mettre en place un mécanisme européen d’incitation fiscale au renouvellement des flottes pour les compagnies aériennes, comme par exemple une possibilité de suramortissement des investissements vertueux.

Enfin, les normes visant à réduire l’impact climatique du transport aérien sont aujourd’hui engagées à une échelle encore trop réduite. Ces mesures doivent être adoptées au niveau mondial pour assurer leur pleine effectivité et empêcher à la fois toute distorsion de concurrence et tout risque de fuite de carbone. A ce sujet, j’ai interrogé le ministre sur l’action du gouvernement pour porter les engagements européens au niveau international.

 

Je vous invite à retrouver dans la vidéo ci-dessous mon intervention à la tribune de l’hémicycle de l’Assemblée nationale :

 

 

J’ai également souhaité poser une question complémentaire concernant l’accompagnement financier des startups aéronautiques françaises.

 

Les grandes entreprises de la filière aéronautique ont toujours été accompagnées et soutenues par l’Etat français. Ces aides ont notamment permis la survie du secteur aéronautique pendant la crise sanitaire. Ce sont 15 milliards d’euros qui ont soutenu la filière depuis juin 2020 et 7 milliards versés à Air France pour soutenir la compagnie.

 

Au-delà des champions français traditionnels du secteur, des startups aéronautiques se sont développées autour de l’électrique et de l’hydrogène. Elles manquent de fonds d’investissements spécialisés et de prêts destinés à soutenir leurs innovations.

Les régions se démarquent en ce sens. En Occitanie, dans le cadre de l’Aerospace Valley, un appel pour la MAELE (mobilité aérienne légère environnementalement responsable) a été lancé à destination des innovations aéronautiques.

Certaines initiatives privées commencent également à émerger, à l’image de l’incubateur d’entreprises Starbust Accelerator, entièrement consacré au secteur aérospatial et de défense.

Toutefois, ces initiatives ne suffisent pas pour soutenir financièrement ces startups, qui ont du mal à passer le seuil de l’industrialisation.

 

J’ai donc voulu connaître l’état des réflexions du gouvernement sur l’accompagnement financier des startups françaises car faute de soutiens adéquats, ces entrepreneurs risqueraient de se tourner vers les États-Unis ou la Chine, où les financements sont plus faciles à trouver. Cela entraînerait des transferts technologiques, de propriété intellectuelle et de savoir-faire réellement dommageables pour la compétitivité et l’innovation françaises.

 

Je vous invite à retrouver dans la vidéo ci-dessous ma question au Ministre chargé des Transports, Monsieur Jean-Baptiste DJEBBARI :

 

1 février 2022