Mission parlementaire au Kenya

A l’invitation des Amis du Fonds mondial Europe et en partenariat avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, j’ai participé à une mission parlementaire au Kenya du 25 au 28 mars 2018.

 

La France est membre fondateur et deuxième contributeur du Fonds. Elle a en effet contribué à hauteur de plus de cinq milliards de dollars depuis 2001 et s’est engagée à verser 1,08 milliard d’euros pour les années 2017-2019 pour lutter contre ces trois pandémies à travers le monde. Les actions du Fonds mondial ont ainsi contribué à sauver plus de 22 millions de vies et à diminuer les décès causés par ces maladies de plus de 30%.

 

Cette mission a débuté par une rencontre avec la ministre de la Santé, Mme Sicily KARIUKI, qui nous a présenté la gouvernance du système de santé et les résultats positifs du Kenya en matière de lutte contre ces trois pandémies. Puis, nous nous sommes rendus au centre de santé d’Embakasi à Nairobi, où nous avons pu rencontrer des professionnels de santé et des patients. Finalement, nous avons visité la Kenya Medical Supplies Authority, l’agence en charge d’acheter, tester, stocker et dispatcher les traitements contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme à travers le pays, soutenue notamment par les financements du Fonds mondial.

 

Le second jour a été l’occasion d’étudier l’épidémie de VIH au Kenya. Le Kenya est le quatrième pays le plus touché par l’épidémie de VIH. Malgré d’importants efforts en matière de prise en charge des patients, 62 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2016 et 36 000 décès dus au VIH ont été notifiés. Les femmes sont particulièrement touchées par l’épidémie puisque sur les 1,6 million de personnes vivant avec le VIH, 910 000 sont des femmes, 550 000 sont des hommes, et 120 000 des enfants de 0 à 14 ans. Au Kenya, 1 million de patients, soit 64% des personnes vivant avec le VIH sont sous traitement antirétroviral.

 

A cette occasion, nous sommes sortis de Nairobi pour nous rendre en zone rurale, dans le Comté de Machakos. Nous avons pu visiter l’hôpital de Machakos, rencontrer des jeunes filles vivant avec le VIH et des bénéficiaires des traitements antirétroviraux financés par le Fonds mondial. Nous avons également visité un centre d’accueil des populations clés (hommes ayant des rapports avec d’autres hommes, usagers de drogues, travailleurs du sexe) dans le Comté de Kajiado, fonctionnant avec un système performant de groupes de soutien animés par des pairs éducateurs.

 

Finalement, le troisième jour a été axé sur la lutte contre la tuberculose.Le Kenya fait partie des pays sévèrement touchés par la tuberculose. Il représente, avec 29 autres pays, plus de 80% des cas de tuberculose dans le monde. L’Organisation mondiale de la santé estime le nombre de nouveaux cas de tuberculose en 2016 à 169 000, dont moins de la moitié ayant été notifiés. Ainsi, plus de 90 000 cas sont manquants. Nous avons pu visiter le centre de santé Riruta à Nairobi, discuter avec des agents de santé communautaires et des professionnels de santé sur la tuberculose et rencontrer des usagers de drogue. Finalement, la mission s’est conclue avec un déjeuner à l’Ambassade de France à Nairobi.

4 avril 2018