Visite en délégation au Salon de l’agriculture - Jean-Luc LAGLEIZE

Visite en délégation au Salon de l’agriculture

Mardi 1er mars dernier, je me suis rendu au Salon international de l’Agriculture en tant que membre de la délégation de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Alors que cet événement n’avait pas pu avoir lieu l’année dernière en raison de la crise sanitaire, il est enfin revenu cette année pour sa 58e édition.

 

 

Ce salon est un rendez-vous politique important, voire incontournable, qui permet la rencontre entre exploitants agricoles, décideurs publics et consommateurs. Il met en lumière la richesse des produits agricoles de nos régions françaises mais aussi la capacité d’adaptation de nos agriculteurs aux enjeux contemporains : transition écologique, bien-être animal, concurrence internationale, etc.

 

Quelques chiffres à retenir sur l’agriculture française :

    • 50% du territoire français est composé de surfaces agricoles ;
    • 1ère agriculture européenne, avec 18% de la production ;
    • Presque un million de salariés (2020).

 

La quasi-totalité des départements français sont concernés par les questions agricoles, la Haute-Garonne ne fait pas exception. Notre département compte :

    • 5 500 exploitations en activité sur une superficie 328 000 ha ;
    • 6 400 emplois agricoles, 5 000 salariés de l’environnement de l’agriculture et 6 000 emplois dans l’agroalimentaire ;
    • 56 % de grandes cultures et 25 % d’élevages et 7 % de productions maraîchères, fruitières et viticoles ;
    • Il est le premier département français pour la culture du blé dur et du sorgho, le deuxième pour la culture du tournesol et le troisième pour la culture du soja.

 

Pour cette visite, nous avons choisi de privilégier des entrevues avec les principales associations interprofessionnelles du secteur agricole, à savoir :

    • Le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL) ;
    • L’Association Nationale Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes (INTERBEV) ;
    • L’Interprofession nationale porcine (INAPORC) ;
    • L’Interprofession des fruits et légumes (INTERFEL) ;
    • L’Interprofession des céréales (INTERCEREALES) ;
    • La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA).

 

 

 

Ensemble, nous avons pu revenir sur les problématiques majeures rencontrées par le secteur.

 

Le changement climatique est un véritable défi pour les exploitations agricoles. Elles sont directement concernées par les perturbations météorologiques comme les inondations, le gel ou encore la sécheresse mais également par la raréfaction des ressources naturelles indispensables à leur production (eau, terre arable). La question de la transition écologique du monde agricole est centrale, tant pour les exploitants que pour les consommateurs. Le développement de l’agriculture biologique explose et entraîne avec lui des questions tant politiques que légales, à travers l’harmonisation des réglementations au niveau européen ou encore mondiale, la signature de traités de libre-échange, la concurrence internationale déloyale ou encore la déforestation importée.

 

La question de la transition écologique est directement liée à celle de la production locale et de saison, une réelle demande de la part des consommateurs. La valorisation des circuits courts permet de mettre en lumière la richesse agricole de nos territoires et de faire fonctionner une économie plus solidaire à l’échelle locale. Elle intègre aussi la question de l’utilisation des pesticides par la nécessité de produire plus.

 

La question des revenus des agriculteurs est également très importante pour les associations interprofessionnelles. En effet, la faiblesse de leurs revenus soulève un problème tant de justice sociale que d’attractivité du métier pour les jeunes générations. Face à cette situation, le Président de la République s’est saisi très tôt de ce sujet en organisant les Etats généraux de l’alimentation en juillet 2017. Ces temps de réflexion partagée et de co-construction de solutions nouvelles ont permis de produire fin 2018 la loi EGALIM 1. Cette loi, améliorée par la loi EGALIM 2 votée fin 2021, poursuit trois objectifs :

    • Payer le juste prix aux producteurs pour leur permettre de vivre dignement de leur travail ;
    • Renforcer la qualité sanitaire, environnementale et nutritionnelle des produits ;
    • Favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous.

Ce temps d’échanges avec les professionnels a donc été l’occasion de réaliser un dernier bilan de ces deux lois avant la fin de la mandature.

 

Enfin, les associations interprofessionnelles nous ont alertées sur les conséquences de la guerre en Ukraine. La France est relativement dépendante de la Russie et de l’Ukraine en termes d’exportations alimentaires (porcs, volailles, céréales). Ces deux pays représentent à eux deux 30% des exportations mondiales de blé et d’orge. La question de la souveraineté alimentaire de la France et de l’Europe se pose alors très légitimement. Par ailleurs, l’augmentation fulgurante des prix de l’énergie et du gaz naturel impacte également la production agricole.

 

 

Cette visite fut très enrichissante. Nos agriculteurs français sont indispensables à notre quotidien : ils doivent donc être au cœur de nos réflexions sur l’agriculture de demain. Entre transition écologique et souveraineté alimentaire, à nous d’investir dans une agriculture française de qualité !

1 mars 2022
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